L’activité physique, un remède aux maladies chroniques

L’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), à la demande du ministère des Sports, a réalisé une expertise collective afin de déterminer, dans le cadre des maladies chroniques, l’impact de l’activité physique et sa place dans le parcours de soins.

Avec l’augmentation de l’espérance de vie, le nombre de personnes âgées atteintes par les pathologies chroniques ne cesse de s’accroître. Le groupe pluridisciplinaire d’experts de l’Inserm a ainsi publié ses recommandations visant à améliorer la prévention et la prise en charge des maladies chroniques pour répondre à une urgence majeure de santé publique.

Les principales pathologies qui y sont étudiées sont les pathologies cardiovasculaires, les cancers, le diabète et les pathologies respiratoires chroniques, l’obésité, en tant que déterminant de maladies chroniques et phénomène morbide, certaines maladies mentales (dépression, schizophrénie), les troubles musculosquelettiques (TMS) et la multimorbidité.

 

De l’activité physique et non du sport !

Le groupe d’experts préconise une pratique régulière d’activité physique adaptée aux personnes atteintes d’une maladie chronique, ces maladies entraînant un déconditionnement musculaire avec une perte de masse et de force musculaire ayant des répercussions sur leur qualité de vie. En effet, nombre d’études scientifiques montrent que l’activité physique n’aggrave pas les maladies chroniques. Au contraire ses effets bénéfiques sont d’autant plus importants qu’elle est introduite tôt après le diagnostic. Depuis 2016, la loi de modernisation du système de santé autorise d’ailleurs les médecins généralistes à prescrire une activité physique aux patients qui souffrent d’une affection de longue durée.

 

Principales recommandations

Le groupe d’experts recommande que la prescription de l’activité physique soit systématique et aussi précoce que possible dans le parcours de soins du patient pour les pathologies étudiées. L’enjeu principal étant qu’il intègre l’activité physique dans sa vie quotidienne, d’où la nécessité de lui proposer des programmes personnalisés pour adapter individuellement l’activité physique en fonction de sa pathologie, des complications liées à celle-ci, mais aussi de son environnement, pour lui permettre la poursuite d’une pratique à domicile ou à proximité de son lieu de vie. Dès le début des soins, il est également important de mobiliser immédiatement ses capacités, le développement de son autonomie, et de lui faire adopter une position active. Pour ce faire, la mise en place de types de pratiques efficaces, mais aussi ludiques et motivantes, favorisera l’adhésion et l’observance, en particulier sur le long terme.

La fréquence de la pratique d’activité physique adaptée à l’état de santé du patient, ainsi qu’à son traitement, ses capacités physiques, ses risques médicaux et ses ressources psychosociales devra comporter un minimum de 3 séances par semaine. Même si les principales barrières sont en général liées à la pathologie elle-même (douleurs, fatigue, effets secondaires de certains traitements…), pratiquer une activité physique permet de lutter contre la perte d’autonomie, améliore le bien-être et génère une meilleure forme.

 

Pour en savoir plus : www.ipubli.inserm.fr

L’OMS définit l’activité physique comme « tout mouvement produit par les muscles squelettiques, responsable d'une augmentation de la dépense énergétique ».

 

Voici quelques exemples :

• obésité : mettre l’accent sur la diminution du tour de taille comme paramètre de suivi plutôt que sur la perte de poids, et proposer des programmes d’activité d’endurance ;

• diabète de type 2 : privilégier l’association du renforcement musculaire et des activités d’endurance dans des intensités modérées à fortes ;

• pathologies coronaires : poursuite d’une activité physique régulière d’endurance à optimiser en jouant sur l’intensité de l’exercice ;

• artériopathie oblitérante des membres inférieurs : la marche est le traitement de première intention ;

• insuffisance cardiaque : tous les patients peuvent bénéficier d’un programme de réentraînement à l’effort quel que soit le degré de sévérité de la pathologie, grâce à un entraînement régulier et progressif. Idéalement, 30 minutes d’activité modérée 5 fois par semaine dans la dernière phase du programme, qui doit être poursuivi tout au long de la vie ;

• accident vasculaire cérébral (AVC) : réduire l’impact des séquelles neuromusculaires sur la qualité de vie du patient, et prévenir les récidives en améliorant les capacités cardiorespiratoires et la force musculaire par une activité physique régulière intégrant la pratique des gestes journaliers ;

• bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) : améliorer la qualité de vie et réduire les limitations fonctionnelles liées aux complications grâce à une activité physique régulière pérenne et variée (endurance, renforcement musculaire, natation, tai-chi…) ;

• asthme : réduire l’importance et la fréquence des crises par l’amélioration du VO2max, de l’endurance et de la capacité d’exercice par des activités d’endurance ;

• pathologies ostéo-articulaires : prévenir et/ou réduire le handicap et la douleur à travers des programmes d’activité physique adaptée variés et une pratique pérenne ;

• cancers : améliorer la qualité de vie et réduire les effets secondaires liés au cancer et aux traitements (déconditionnement musculaire, fatigue, intolérance au traitement…) ainsi que les récidives, en proposant des programmes combinant endurance et renforcement musculaire ;

• dépression : prévenir les récidives et améliorer les symptômes dépressifs par des programmes combinant endurance et renforcement musculaire.