Comment dompter son diabète !

 

Nos modes de vie modernes (sédentarité, « malbouffe », manque d’activité physique, alcool, tabac, certains médicaments…) ont contribué largement à faire exploser la maladie diabétique, connue par nos anciens depuis très longtemps, puisque les tablettes d’Eberth (1500 av. J.-C.) en font déjà mention.

 

En l’espace de 60 ans, le diabète est devenue l’une des maladies les plus fréquentes des pays industrialisés, et l’OMS prédit qu’elle sera la maladie du 21siècle. Si de nombreux traitements médicamenteux voient le jour, ils ont l’inconvénient de présenter souvent des effets secondaires, des intolérances, voire quelquefois des contre-indications.

Aussi, dans le cadre d’un contexte d’une pathologie qui évolue sans symptôme, l’usage millénaire et documenté des plantes médicinales peut permettre d’enrayer l’évolution de la maladie en régulant la glycémie et l’hémoglobine glyquée. Au-delà, en amont de la pathologie, les plantes peuvent être d’un précieux secours pour nous aider à surmonter les aléas imposés par la vie moderne.

 

Des plantes pour dominer les effets pervers du sucre…

Sans rentrer dans le détail des différents types de diabètes, nous disposons de nombreuses plantes indigènes en France qui ont un intérêt de premier ordre dans la régulation de la glycémie : aigremoine, houblon, feuilles de fraisier, de cassis, d’eucalyptus, fenugrec, cosses de haricots… autant de plantes, utilisées en simple ou en mélange, le plus souvent en infusion ou en gélule d’extrait sec, qui montrent une efficacité fort intéressante.

En première intention, je conseille une infusion d’1 cuillère à soupe 2 ou 3 fois par jour, en incorporant dans 150 ml d’eau bouillante le mélange suivant : avocat (70 g), olivier, noyer, myrtille, aigremoine (40 g de chaque), eucalyptus (10 g). Le traitement sera suivi au minimum 3 mois et à renouveler autant de fois que nécessaire. Notons l’apport du chrome par la myrtille qui régule l’utilisation de l’insuline dans l’organisme. Plus intéressant, le berbéris, ou épine-vinette, a montré une action aussi puissante que la « metformine » (anti-diabétique de référence) sans les effets secondaires propres à ce médicament. À raison de 1 g par jour pendant 2 mois, la plante fait chuter en moyenne la glycémie de 20 % et l’hémoglobine glyquée de 12 %. Par ailleurs, elle intervient à tous les stades de la régulation des sucres dans l’organisme. De plus, elle améliore le profil lipidique des patients (cholestérol, triglycérides…). En complément, il peut être intéressant d’utiliser des plantes riches en inuline (à ne pas confondre avec l’insuline), telles que pissenlit, chicorée, artichaut, capable d’influer sur le microbiote intestinal et de réguler l’assimilation des sucres.

 

L’efficacité des plantes exotiques

Les plantes exotiques sont loin d’être dénuées d’intérêts. Ainsi, le Gymnemna sylvestris d’origine indienne a montré son efficacité pour pallier et diminuer les envies de sucres. Par ailleurs, elle aurait une activité sur la régénération des cellules bêta des îlots de Langerhans, éprouvée chez le rat, et en cours d’étude chez l’homme, mais que l’usage empirique dans la tradition médicale indienne semble déjà confirmer. De nombreux cas de malades diabétiques ayant été déclarés guéris (nous attendons les conclusions de l’étude avec impatience). Les doses utilisées seraient de 400 mg d’extrait sec titré à 24 % d’ac. gymnésique par jour. D’autres plantes, comme la mormodica, peuvent être une première réponse dans les premiers symptômes de la dérégulation de la glycémie. De la même façon, la cannelle de Ceylan régule les états prédiabétiques (en gélules d’extrait sec standardisé).

 

« Le symptôme n’est rien, le terrain est tout ! »

S’agissant d’une maladie métabolique, où le pancréas vieillit prématurément, ne permettant pas une sécrétion optimale d’insuline dans le temps, la gemmothérapie apporte des réponses adaptées. Dans ce cadre, utiliser 10 à 15 gouttes de bourgeons de noyer et de mûrier qui régulariseront un fonctionnement pancréatique chancelant. Attention, ils ne remplacent aucunement l’utilisation de l’insuline !

Ainsi, si la phytothérapique apporte des compléments de réponse aux traitements conventionnels, elle ne saurait les remplacer sans l’avis d’un médecin spécialiste. Néanmoins, l’avis de votre pharmacien ou de votre phytothérapeute peut apporter un éclairage différent sur cette pathologie. En outre, le patient détient plus de 60 % de la réponse en adoptant une hygiène de vie stricte, où l’alimentation et l’activité physique jouent un rôle prépondérant !  

 

Christian Rodicq

Pharmacien Phytothérapeute